El Pacifico Mapuche


Nous redescendons par Pucon avec pour objectif, de respirer au plus court les embruns du Pacifique.

Formalités douanières administratives sans anicroche et sanitaires très strictes (pas d’importation de denrées périssables) avec un passage des bagages au rayon X, et on déroule à l’allure d’un vieux chalutier sur un réseau routier impeccable jusqu’à Pucon, pics enneigés, arrêt déjeuner dans un boui-boui, quelques zig & zag, paysages bucoliques …

A cette altitude on a même failli manquer d’air !

Et c’est donc l’arrivée à Pucon. La Mecque du rafting, canyoning, trekking, enfin toute activité se terminant à « ing » et à plus de 30 US$ de l’heure par personne.

Aussi, nous nous contentons :

  • de saluer de loin, le petit frère du Lanin, le volcan Villarrica 2 847 m, hyperactif, sa dernière éruption remonte à 2015, il faut que jeunesse se passe.

  • de croquer de succulentes fraises sur les rives de sable noir du lac du même nom,

  • de négocier avec acharnement un camping, indigne d’en porter le nom,

Alors pour se réconforter, on s’y mijote, à la frontale, un bon petit plat bien cuit sans salmonelles.

Fuyant ce repère, de la jet-set touristique, à toutes jambes, nous passons par le pont rugissant de Carahue.

Un petit bourg qui expose à ciel ouvert, on ne sait pourquoi, tout ce que le monde a dû produire de machines à vapeur !

Et le voilà enfin ce Pacifique, celui de Puerto Saavedra.

En prime un coucher de soleil.

Au matin nous décidons de nous enfoncer, par une piste, dans les terres Mapuches, jusqu’au canton Isla Huapi. Plus de 50 km de « gravel », durant lesquels nous ne croisons que trois personnes à pied, un homme et son troupeau, des ouvriers en train de consolider un pont, et deux 4×4.

Et là, comme tombé du ciel, Fernando apparaît et s’improvise spontanément guide pour nous faire découvrir, Santa Maria sur le lac Budi (le plus grand lac salé d’Amérique du sud), et les Calafates à maturités (baies mauves dont le goût se rapproche de celui de la myrtille)

Et ce n’est pas tout, au retour de la promenade, nous attend une « cazuela de gallina » préparée par son épouse Sonia.

Sonia pure Mapuche, nous rappelle que ni les Incas ni les conquistadors ne réussirent à soumettre son peuple.

Elle symbolise le prolongement de cette acharnement à faire vivre, voire protéger coûte que coûte la terre de ses ancêtres dans le respect de la nature nourricière. Décider de rester vivre ici, c’est faire le choix d’une vie en totale autarcie avec leur neuf cochons de toutes tailles, quatre vingt volailles, un potager, du maïs et des pommes de terre. On chauffe au bois, pas d’eau courante, un seul luxe, l’électricité.

Aucun d’eux n’imagine, ne serait ce qu’un instant, l’exode rural et aujourd’hui tous les bras vaillants alentours participent à construire la future maison de Clara (mère de Sonia).

Il ne faudra seulement que quatre jours de labeur et de bonne volonté, afin que la doyenne et le couple recouvre une intimité respective.

Merci pour cette belle leçon de persévérance, de solidarité et d’hospitalité, nouvelle preuve d’insoumission, mais cette fois face à la sournoiserie, moins tangible, du monde d’aujourd’hui.

Muchos gracias amigos.

Retour tout aussi trépidant qu’à l’aller ,sur Saavredra, pour une soirée « digestive » stabilisée et nous repartons en longeant la côte pacifique, flânant de ci de là.

Et nous voilà à Lebu, un gros port de pêche où des otaries gambadent en attendant avec gourmandise les rejets des chalutiers, et aussi notre première station balnéaire au sable ocre.

Accueillis dans un « hostel » par une grand-mère au dynamisme inversement propositionnel à sa taille (un tête de moins que Marcelle, c’est dire !) et grande « Pescadero » devant l’éternel.

Le rivage regorge de petites criques dont certaines connues des seules locaux, ne sont accessibles qu’à marée basse par des tunnels naturels, vous ne disposez donc que d’environ 6 heures pour le pique nique dominical, ou par des promontoires difficiles d’accès, desquels nous nous prenons à observer, d’en haut, les mouettes (sans risque de déjections !).

D’autres, encore plus confidentielles, semblent abriter des créatures mythologiques.

Comme pour son coin à champignon, on ne révèle pas son coin à « cochayuyo ». Juré nous n’avons rien vu et les gorgones nous épargnent.

Pour la préparation, faire bouillir l’algue 30 minutes. En revanche, gustativement « ça laisse de pierre », on vous conseille de vous en tenir aux salicornes !

Quant à elles, les grandes baies que borde la route, se dévoilent sans pudeur et offrent de magnifiques panoramas engendrant des raideurs cervicales aux sidecaristes de passage.

En repiquant dans les terres à l’embranchement des routes 24 et 60, emplacement stratégique sur la route des grumiers transportant les troncs d’eucalyptus à destination des nombreuses usines de pâte à papier de la région, nous tombons sur la paillote de Jose.

L’homme y vit à l’année, et son petit commerce digne d’un ermitage fait le bonheur de tous les routiers et à l’occasion de nous-même.

Une ancienne caravane au châssis rompu lui sert de cuisine et une extension de bric et de broc de salle de service flanquée d’un poêle à bois de deux tables et quatre bancs.

A la fin du service, il pousse les tables et y déploie son matelas, pas d’électricité, et pour l’eau seule une nourrice de 800 litres ravitaillée par quinzaines par un camion citerne.

Installé depuis quatre ans, ses bénéfices ne lui permettent de rentrer chez lui, à plus de 800 km, qu’une semaine tous les six mois.

Nous retrouvons la côte à Pelluhue et à nouveau des plages de sable et roches volcaniques qui baignées par l’écume s’affichent en noir et blanc.

C’est aussi en traversant cette région du « libertador O’Higgins », au sud le Valparaiso, qu’apparaissent les grands vignobles chiliens bien plus colorés sur leurs coteaux terre sienne.

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1 Commentaire


  • Fernando // // Répondre

    Un gran abrazo, fue todo un gusto haberlos atendido con nuestra casa con una rica comida y feliz ruta, de parte de Sonia, Fernando y Clara.

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